Un mois après le retour...
Et déjà le bilan du projet à dessiner...
Le bateau
Le Gladiateur est un
voilier fabriqué par les célèbres chantiers Wauquiez, dans le Nord de la France, rendu célèbre par la série des Centurions et par son architecte, un anglais, Holman & Pye.
Blue-Wave aura trente ans, cette année. Restauré en petit bateau de voyage. Bateau marin, trés solide, et simple dans sa conception. Performant, dans le vent médium et la brise,
pour peu qu'il soit équipé d'un jeu de voiles modernes et récentes. 130 à 140 milles, par 24 heures, garantis par vent moyen. Vraiment pas mal pour un bateau de dix mètres !!
Je me suis toujours senti en sécurité sur ce bateau. Déplacement lourd de six tonnes et demi en charge. Beaucoup d'équipets dans son carré et des coffres spacieux dans sa partie arrière, trés
pratiques pour le voyage. (Voir photos dans un nouvel album, intitulé "visite du bateau")..
Un cockpit profond pour se protéger des embruns et du froid. Une barre franche, douce et maniable, manoeuvrable par tous les temps.
Ce bateau a été restauré avant le départ et rééquipé avec du matériel professionnel.
Nous n'avons barré que quelques heures durant ce voyage. Les deux pilotes électriques ST 4000 Autolhem et le régulateur d'allure Beaufort se sont équitablement partagés cette
mission...
L'avantage notable de ce type de bateau, est qu'il peut être manoeuvré en solitaire, sans problème, car son cokpit reste complètement dégagé et accessible. Pas d'obstacle, un grand plus pour la
barre franche...
Tout est à portée de main et des yeux : winchs, écoutes, barre, table à carte. Un seul inconvénient, quand même, le génois de 43 mètres carrés à grand recouvrement, difficile à
border par brise soutenue... Pour la manoeuvre de ce dernier, nécessité de bénéficier de winchs puissants.
Blue-Wave est équipé d'un moteur avec transmission sail-drive. Ce chantier était précurseur pour l'époque, ce qui facilite les manoeuvres de port et le confort au moteur, pendant les
périodes de calme.
Equipement de Blue-Wave avant son départ
Voiles et dérivés
Une grand-voile lattée triradiale, en pentex, full-baten + lazy-bag
Un génois triradial pentex
Un spi asymétrique
Un spi symétrique triradial
Une trinquette et un solen sur étai larguable
Un jeu de cagnards
Une protection de descente en PVC
Une capote de descente d'origine
Mouillage
Un guindeau électrique de 1000 watts intégré à l'intérieur du puits de mouillage
Une ancre Delta 16 Kilos avec 50 mètres de chaîne, diamètre 10
Une ancre Fob alu
Une petite CQR en secours
Appareils de confort extérieur et intérieur
Installation d'une
douchette eau chaude, eau froide dans le cockpit
Un portique avec deux panneaux solaires (100 et 50 watts)
Une éolienne Aerogen 4
Deux pilotes électriques ST 4000 (fonctionne en mode vent)
Un régulateur Beaufort(Asmer-La Rochelle)
Un groupe eau chaude 20 litres, fonctionne en 220 volts et avec le moteur
Un réfrigérateur électrique, refroidissement par eau de mer
Un réchaud avec un four intégré, neuf
Deux vaches à eau souples, de 150 litres
Un hublot, rajouté, au-dessus de la table à cartes
Un hublot, rajouté, au-dessus du coin cuisine
Electricité
4 batteries de service de 105
ampères
Une batterie moteur de 105 ampères indépendantes, (toutes remplacées pendant ce voyage)
Un alternateur mastervolt de 90 ampères, réglable en intensité
Un convertisseur mastervolt 12-220 volts
Electronique navigation
GPS fixe Furuno GP 32, interfacé avec le PC
GPS de secours portable Geonav LCD avec carte intégré
Navtex NX Furuno
Radar Furuno 1623 avec alarme rajouté
Active écho (détecteur de radar)
VHF portable Cobra
Installation d'une centrale ST 60 Autolhem.
Portable Durabook et cartes Maxsea
Téléphone Iridium et Kit Data pour mails et fichiers météo
Moteur
Yanmard 3 GM 30 CV, 800 heures environ
Mercury 3,5 CV et son annexe Zodiac
Gréement et pont
Gréement dormant changé en 2005
Gréement courant changé avant le départ
Etai larguable installé en 2004
Tous les hublots changés avant le départ
Bilan matériel
Ce qui a bien tenu
La sructure du bateau
Les boiseries
Le gréement dormant et courant
Le moteur
L'informatique embarquée (PC + cartes électroniques)
Le guindeau électrique
Ce qui a moins bien tenu
Les joints de hublots (nombreuses fuites pendant le voyage)
Les connectiques électriques et les batteries
La bande UV du génois
Les vaches à eau (fuites sur la fin du voyage)
Si c'était à refaire
Tout rajout de matériel doit être anticipé et fiabilisé au moins un an avant le départ du voyage (important car
trés peu de matériel au Brésil et dans les îles antillaises, de plus celui-ci est fort cher) .
Faire un choix drastique dans le poids embarqué (important au départ d'un tel voyage sur un bateau de dix mètres).
Installation d'une capote plus recouvrante que l'original. (Nous avons souffert du froid et de l'humidité, sur le retour pendant les quarts de nuit).
L'installation électrique doit être installée d'une façon professionnelle, avec du câble spécial marine et non du câble bâtiment.
Partir avec des batteries neuves.
Des winchs plus puissants pour le génois (52 à 56 ST).
Au total de ce voyage, Blue-Wave aura parcouru, 11813 milles, soit 21877 kilomètres.
Près de 550 heures de moteur.
La vitesse moyenne à la voile, sur ce parcours, 5 noeuds environ.
Le skipper, Cap'tain Jo
Ca faisait vingt ans que je rêvais de réaliser un tel voyage, mais les contraintes profesionnelles et financières représentaient un frein à ce projet.
En 1998, dix ans, exactement... j'avais effectué un mini voyage de cinq mois, en compagnie de ma femme, en Méditerranée. Escapade qui m'avait conforté dans ma décision de revivre une expérience
de navigation au long cours.
Pour concrétiser un tel voyage, il fallait changer de bateau et s'organiser sur de multiples plans pour avoir la chance de vivre une année entière "de liberté" en mer.
Une opportunité se présentait en 2007. Une course de voiliers, la Mini-Transat 6,50 La Rochelle-Bahia, partait en septembre. Tremplin intéressant pour traverser l'Atlantique en
flottille, nouer des relations humaines entre personnes partageant la même passion, et découvrir un milieu inconnu jusqu'ici, la course au large.
Arrivé au Brésil, il était plus aisé pour moi de remonter vers les Antilles, de découvrir les îles, trés proches, les unes des autres. Situation géographique propice, étant donné que
j'étais seul pour accomplir ce périple. Il restait un impératif, trouver un ou deux équipiers pour effectuer le trajet du retour vers la Rochelle. Chose faite peu de temps avant le
départ.
Il m'aura fallu deux ans pour organiser et préparer ce projet (bateau, organisation professionnelle...).
Les bons moments et réussites
Le départ de la course, en compagnie de mes co-équipiers.
Les rushs dans la houle des alizés.
Les pêches semi miraculeuses de splendides daurades coryphènes.
Les couleurs du ciel au passage de l'Equateur.
Le bon comportement du bateau à toutes les allures.
L'ambiance festive et musicale du Brésil.
Les luxuriances et exubérances végétales des paysages antillais.
Le bleu intense de la mer des Caraïbes, son eau à la température immuablement douce, à 27 °.
Les Tobago Cays et Béquia, deux lieux privilégiés au charme paradisiaque.
Les rencontres amicales de toutes nationalités, en particulier l'ouverture d'esprit, la gentillesse, le sens de l'humour des Canadiens et des Belges.
La gentillesse et la nonchalance, les sourires et les gestes complices des autochtones sur les petites îles des Antilles.
Les retrouvailles avec des amis rochelais, en Martinique.
La possibilité de communiquer facilement et régulièrement avec ma femme et mes proches, en plein océan grâce au téléphone Iridium.
L'organisation des voyages de ma femme et les moments inoubliables partagés ensemble.
Les difficultés et désagréments
Les problèmes techniques et électriques dés le départ et pendant tout le restant du voyage. (Renvoi à la lecture du
blog).
Sommeil difficile sur les premiers jours de navigation, à chaque grand départ.
Météo difficile entre la Guyane et Tobago alors que je naviguais seul.
Vent anormalement soutenu aux Antilles, cette année et grains à répétion.
Les prix trés élevés sur les îles des Antilles françaises et Guyane.
La chaleur, l'humidité pesante, les moustiques en Guyane.
Le stress de certains mouillages ventés.
Les clearance et formalités contraignantes dans les îles.
La difficulté de communiquer en anglais caribéen...
La langue est un réel barrage. Pour mon prochain voyage, je me suis promis d'apprendre quelques rudiments indispensables en anglais, afin de faciliter les contacts.
La longueur des quarts de quatre heures, la nuit, sur le retour car nous n'étions que deux à bord. Un constat, il faudrait être au moins trois équipiers à se relayer, pour cette
traversée mouvementée.
Les remerciements
Je tenais à remercier mes équipiers sans qui une partie de ce voyage n'aurait pu se réaliser et avec qui j'ai vécu des moments forts :
Au départ du voyage La Rochelle-Madère-Salvador de Bahia : Jean-Claude Pourajaud ; Joël Sineau.
Pour remonter les côtes Brésiliennes jusqu'en Guyane : Jean-Claude Pourajaud.
Pour le voyage du retour, de Saint-Martin aux Açores et des Açores à La Rochelle : Jean-Marie Maisonneuve.
Je tiens à remercier également le staff de la Mini-Transat 6,50. La Rochelle-Bahia 2007, Denis Hugues et Daniel Henry qui m'ont fait confiance pour l'accompagnement de cette course, hors du
commun.
Je tiens à remercier particulièrement, ma femme, Christine, qui, elle, a vécu ce voyage par intermittence, mais qui m'a laissé la possibilité de partir et de vivre mon rêve :
un tour de l'Atlantique. Et qui a su faire vivre avec ses mots et sa spontanéité, ce blog avec les informations que je lui transmettais via cybercafés et Iridium.
Pour compléter les informations contenues sur cette page, je vous invite à aller sur l'album photos, ajout d'une nouveau dossier "Visite du bateau".
Pour tous contacts :
marin17@club-internet.fr
La voile, une passion
C'est le moyen le plus lent, le plus cher, le plus inconfortable,
pour aller d'un endroit où on est bien vers un autre où l'on n'a rien à faire.
Eric TABARLY
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Les 25... 26 Mai 2008,