Vendredi 4 juillet 2008 5 04 /07 /2008 10:58

Un mois après le retour... 
Et déjà le bilan du projet à dessiner...

Le bateau

Le Gladiateur est un voilier fabriqué par les célèbres chantiers Wauquiez, dans le Nord de la France, rendu célèbre par la série des Centurions et par son architecte, un anglais, Holman & Pye.
Blue-Wave aura trente ans, cette année. Restauré en petit bateau de voyage. Bateau marin, trés solide, et simple dans sa conception. Performant, dans le vent médium et la brise, pour peu qu'il soit équipé d'un jeu de voiles modernes et récentes. 130 à 140 milles, par 24 heures, garantis par vent moyen. Vraiment pas mal pour un bateau de dix mètres !!
Je me suis toujours senti en sécurité sur ce bateau. Déplacement lourd de six tonnes et demi en charge. Beaucoup d'équipets dans son carré et des coffres spacieux dans sa partie arrière, trés pratiques pour le voyage.  (Voir photos dans un nouvel album, intitulé "visite du bateau")..
Un cockpit profond pour se protéger des embruns et du froid. Une barre franche, douce et maniable, manoeuvrable par tous les temps.
Ce bateau a été restauré avant le départ et rééquipé avec du matériel professionnel.
Nous n'avons barré que quelques heures durant ce voyage. Les deux pilotes électriques ST 4000 Autolhem et le régulateur d'allure Beaufort se sont équitablement partagés cette mission...
L'avantage notable de ce type de bateau, est qu'il peut être manoeuvré en solitaire, sans problème, car son cokpit reste complètement dégagé et accessible. Pas d'obstacle, un grand plus pour la barre franche...
Tout est à portée de main et des yeux : winchs, écoutes, barre, table à carte. Un seul inconvénient, quand même, le génois de 43 mètres carrés à grand recouvrement, difficile à border par brise soutenue... Pour la manoeuvre de ce dernier, nécessité de bénéficier de winchs puissants.
Blue-Wave est équipé d'un moteur avec transmission sail-drive. Ce chantier était précurseur pour l'époque, ce qui facilite les manoeuvres de port et le confort au moteur, pendant les périodes de calme.  

Equipement de Blue-Wave avant son départ
Voiles et dérivés

Une grand-voile lattée triradiale, en pentex, full-baten + lazy-bag
Un génois triradial pentex
Un spi asymétrique
Un spi symétrique triradial
Une trinquette et un solen sur étai larguable
Un jeu de cagnards
 Une protection de descente en PVC
Une capote de descente d'origine

Mouillage

Un guindeau électrique de 1000 watts intégré à l'intérieur du puits de mouillage
Une ancre Delta 16 Kilos avec 50 mètres de chaîne, diamètre 10
Une ancre Fob alu
Une petite CQR en secours

Appareils de confort extérieur et intérieur

Installation d'une douchette eau chaude, eau froide dans le cockpit
Un portique avec deux panneaux solaires (100 et 50 watts)
Une éolienne Aerogen 4
Deux pilotes électriques ST 4000 (fonctionne en mode vent)
Un régulateur Beaufort(Asmer-La Rochelle)
Un groupe eau chaude 20 litres, fonctionne en 220 volts et avec le moteur
Un réfrigérateur électrique, refroidissement par eau de mer
Un réchaud avec un four intégré, neuf
Deux vaches à eau souples, de 150 litres
Un hublot, rajouté, au-dessus de la table à cartes
Un hublot, rajouté, au-dessus du coin cuisine  

Electricité

4 batteries de service de 105 ampères
Une batterie moteur de 105 ampères indépendantes, (toutes remplacées pendant ce voyage)
Un alternateur mastervolt de 90 ampères, réglable en intensité
Un convertisseur mastervolt 12-220 volts

Electronique navigation

GPS fixe Furuno GP 32, interfacé avec le PC
GPS de secours portable Geonav LCD avec carte intégré
Navtex NX Furuno
Radar Furuno 1623 avec alarme rajouté
Active écho (détecteur de radar)
VHF portable Cobra
Installation d'une centrale ST 60 Autolhem.
Portable Durabook et cartes Maxsea
Téléphone Iridium et Kit Data pour mails et fichiers météo

Moteur

Yanmard 3 GM 30 CV, 800 heures environ
Mercury 3,5 CV et son annexe Zodiac

Gréement et pont

Gréement dormant changé en 2005
Gréement courant changé avant le départ
Etai larguable installé en 2004
Tous les hublots changés avant le départ

Bilan matériel

Ce qui a bien tenu 

La sructure du bateau
Les boiseries
Le gréement dormant et courant
Le moteur
L'informatique embarquée (PC + cartes électroniques)
Le guindeau électrique

Ce qui a moins bien tenu

Les joints de hublots (nombreuses fuites pendant le voyage)
Les connectiques électriques et les batteries
La bande UV du génois
Les vaches à eau (fuites sur la fin du voyage)

Si c'était à refaire

Tout rajout de matériel doit être anticipé et fiabilisé au moins un an avant le départ du voyage (important car trés peu de matériel au Brésil et dans les îles antillaises, de plus celui-ci est fort cher) .
Faire un choix drastique dans le poids embarqué (important au départ d'un tel voyage sur un bateau de dix mètres).
Installation d'une capote plus recouvrante que l'original. (Nous avons souffert du froid et de l'humidité, sur le retour pendant les quarts de nuit).
L'installation électrique doit être installée d'une façon professionnelle, avec du câble spécial marine et non du câble bâtiment.
Partir avec des batteries neuves.
Des winchs plus puissants pour le génois (52 à 56 ST).

Au total de ce voyage, Blue-Wave aura parcouru, 11813 milles, soit 21877 kilomètres.
Près de 550 heures de moteur.
La vitesse moyenne à la voile, sur ce parcours, 5 noeuds environ.

Le skipper, Cap'tain Jo

Ca faisait vingt ans que je rêvais de réaliser un tel voyage, mais les contraintes profesionnelles et financières représentaient un frein à ce projet.
En 1998, dix ans, exactement... j'avais effectué un mini voyage de cinq mois, en compagnie de ma femme, en Méditerranée. Escapade qui m'avait conforté dans ma décision de revivre une expérience de navigation au long cours.
Pour concrétiser un tel voyage, il fallait changer de bateau et s'organiser sur de multiples plans pour avoir la chance de vivre une année entière "de liberté" en mer.
Une opportunité se présentait en 2007. Une course de voiliers, la Mini-Transat 6,50 La Rochelle-Bahia, partait en septembre. Tremplin intéressant pour traverser l'Atlantique en flottille, nouer des relations humaines entre personnes partageant la même passion, et découvrir un milieu inconnu jusqu'ici, la course au large. 
Arrivé au Brésil, il était plus aisé pour moi de remonter vers les Antilles, de découvrir les îles, trés proches, les unes des autres. Situation géographique propice, étant donné que j'étais seul pour accomplir ce périple.  Il restait un impératif, trouver un ou deux équipiers pour effectuer le trajet du retour vers la Rochelle. Chose faite peu de temps avant le départ.
Il m'aura fallu deux ans pour organiser et préparer ce projet (bateau, organisation professionnelle...).

Les bons moments et réussites

Le départ de la course, en compagnie de mes co-équipiers.
Les rushs dans la houle des alizés.
Les pêches semi miraculeuses de splendides daurades coryphènes.
Les couleurs du ciel au passage de l'Equateur.
Le bon comportement du bateau à toutes les allures.
L'ambiance festive et musicale du Brésil.
Les luxuriances et exubérances végétales des paysages antillais.
Le bleu intense de la mer des Caraïbes, son eau à la température immuablement douce, à 27 °.
Les Tobago Cays et Béquia, deux lieux privilégiés au charme paradisiaque.
Les rencontres amicales de toutes nationalités, en particulier l'ouverture d'esprit, la gentillesse, le sens de l'humour des Canadiens et des Belges.
La gentillesse et la nonchalance, les sourires et les gestes complices des autochtones sur les petites îles des Antilles. 
Les retrouvailles avec des amis rochelais, en Martinique.
La possibilité de communiquer facilement et régulièrement avec ma femme et mes proches, en plein océan grâce au téléphone Iridium.
L'organisation des voyages de ma femme et les moments inoubliables partagés ensemble.
 

Les difficultés et désagréments

Les problèmes techniques et électriques dés le départ et pendant tout le restant du voyage. (Renvoi à la lecture du blog).
Sommeil difficile sur les premiers jours de navigation, à chaque grand départ.
Météo difficile entre la Guyane et Tobago alors que je naviguais seul.
Vent anormalement soutenu aux Antilles, cette année et grains à répétion.
Les prix trés élevés sur les îles des Antilles françaises et Guyane.
La chaleur, l'humidité pesante, les moustiques en Guyane. 
Le stress de certains mouillages ventés.
Les clearance et formalités contraignantes dans les îles.
La difficulté de communiquer en anglais caribéen...
La langue est un réel barrage. Pour mon prochain voyage, je me suis promis d'apprendre quelques rudiments indispensables en anglais, afin de faciliter les contacts.
La longueur des quarts de quatre heures, la nuit, sur le retour car nous n'étions que deux à bord. Un constat, il faudrait être au moins trois équipiers à se relayer, pour cette traversée mouvementée.

Les remerciements

Je tenais à remercier mes équipiers sans qui une partie de ce voyage n'aurait pu se réaliser et avec qui j'ai vécu des moments forts : 
Au départ du voyage La Rochelle-Madère-Salvador de Bahia : Jean-Claude Pourajaud ; Joël Sineau.
Pour remonter les côtes Brésiliennes jusqu'en Guyane : Jean-Claude Pourajaud.
Pour le voyage du retour, de Saint-Martin aux Açores et des Açores à La Rochelle : Jean-Marie Maisonneuve.
Je tiens à remercier également le staff de la Mini-Transat 6,50. La Rochelle-Bahia 2007, Denis Hugues et Daniel Henry qui m'ont fait confiance pour l'accompagnement de cette course, hors du commun. 
Je tiens à remercier particulièrement, ma femme, Christine, qui, elle, a vécu ce voyage par intermittence, mais qui m'a laissé la possibilité de partir et de vivre mon rêve : un tour de l'Atlantique. Et qui a su faire vivre avec ses mots et sa spontanéité, ce blog avec les informations que je lui transmettais via cybercafés et Iridium. 

Pour compléter les informations contenues sur cette page, je vous invite à aller sur l'album photos, ajout d'une nouveau dossier "Visite du bateau".
Pour tous contacts :
marin17@club-internet.fr 

La voile, une passion

C'est le moyen le plus lent, le plus cher, le plus inconfortable,
pour aller d'un endroit où on est bien vers un autre où l'on n'a rien à faire
.
Eric TABARLY



    


 

 


 

Par Joêl - Publié dans : De retour à La Rochelle
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 24 juin 2008 2 24 /06 /2008 16:00

Le 24 juin 2008,
Position : Entre soleil et orage, La Rochelle.
Environ trois semaines après l'arrivée.

L'agenda du retour sur terre est chargé...
De nombreuses retrouvailles avec les amis et la famille quittés depuis 10 mois.
Beaucoup de travail sur le bateau.
Des bilans à réaliser.
Des leçons à retenir quand il s'agira de renouveler l'expérience !!
Ce bilan sera porté à la connaissance de chacun, dans les jours qui viennent.
Encore un soupçon de patience à nos lecteurs que nous remercions pour s'être montrés si assidus dans la lecture des aventures du Cap'tain Joe.
Un film est actuellement en préparation à partir des nombreuses séquences tournées au fur et à mesure des escales.

















Merci à Michel et à toute l'équipe du magasin Leroy-Merlin de m'avoir soutenu dans mon projet et de m'avoir aidé à optimiser la communication en sponsorisant Blue Wave.
Le Capitaine et son mousse, resté à terre, (second indispensable, vous l'aurez compris, sa femme était sa plume) ont pu échanger des nouvelles à intervalles réguliers.
Situation favorable qui a permis un suivi quasi quotidien du bateau d'île en île et par voie de conséquence une écriture du blog pleinement vivante, en phase avec l'actualité des rencontres et péripéties.

Par Joêl - Publié dans : Humeurs du Capitaine
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 7 juin 2008 6 07 /06 /2008 15:39

Le 4 juin 2008, 00 H UTC
Position : 46.01 N ; 2.37 O

Vent de Nord-Ouest, 5 beaufort...
60 milles du port de La Rochelle.

Le Cap'tain vient juste de prendre son quart... Les nuages courent dans un ciel froid...
Quelques étoiles disséminées, clignotent à l'unisson de l'humeur de bord...
L'équipage, fatigué par de longues heures de veille, ressent l'excitation du retour... Intensément... Il est difficile dans ces conditions de trouver le repos total, la bascule dans un sommeil réparateur. 
Mais, nous aurons toute la terre, foulée dans quelques heures seulement, pour songer à réellement décompresser.
Toutefois, ne perdons pas ni acuité dans l'obscurité, ni vigilance face aux obstacles qui peuvent toujours se présenter devant l'étrave... 

Le 4 juin 2008, 03 H 00 UTC
Position : 46.04 N ; 2.27 O

Vent de Nord, 4 beaufort...
Celui-ci commence à diminuer...
40 milles du port de La Rochelle.

Blue Wave passe à proximité du plateau de Rochebonne.
En alerte... L'endroit a mauvaise réputation... Nous distinguons les 4 bouées cardinales, illuminées... Les feux scintillent... Nous les dépassons, bâbord amure...
Nous redoublons notre attention, les pêcheurs travaillent et sont nombreux à croiser au chalut, dans les parages...
Plus loin, à 25 milles de notre arrivée, des lumières, sous forme de halos, se dessinent comme en surimpression dans le ciel, commençant tout juste à légèrement s'éclaircir.... 
Les villes de La Rochelle et des Sables dardent leurs rayons, longues émanations électriques, au milieu des ombres mouvantes de la nuit finissante...
Le phare des Baleines, dont le pinceau lumineux balaie à intervalles réguliers l'océan et la terre alentour, indique que nous approchons doucement des côtes...

Le 4 juin 2008, 05 H 00 UTC
Position : 46.04 N ; 2.01 O

Vent d'Ouest-Nord-Ouest, 3 beaufort
Le vent faiblit...
Toutes voiles dehors...

Jean-Marie prend son quart. Un copieux petit-déjeuner s'impose. A déguster sans modération, dans l'air frais du petit matin.
Blue Wave pointe son étrave, droit sur la bouée d'atterrissage - La PA-RW -
La bateau s'engage dans le Pertuis d'Antioche...
Le jour se lève, révélant un soleil tonifiant.
Le vent tombe. Les voiles devenues inutiles fasseyent. Nous enroulons le génois et laissons la Grand-Voile à poste... Le vent va peut-être revenir...
En attendant cet hypothétique scénario, nous fonctionnons au rythme de la risée diesel...
Un maudit courant contraire empêche de progresser et ralentit considérablement le bateau qui avance juste à trois petits noeuds.

Le 4 juin 2008, 11 H 00 La Rochelle
Position : 46.08 N ; 1.26 O
Vent nul 

La renverse arrive à point nommé. Le courant propulse le bateau dans la bonne direction à un train d'enfer. Nous avons la chance de bénéficier pour cette arrivée, d'un coefficient trés important de 96.
Ce courant providentiel nous pousse à 7, 8 noeuds, toujours au moteur, vers notre destination finale...

Vers 12 H 30, alors que nous parcourons les milles ultimes, une voix inattendue se fait entendre sur la VHF.
Le bateau d'un ami vient nous accueillir. Le Randonneur de Jean-Luc, surnommé Le Renard... Il nous accompagne et chemine le long de la coque pour franchir la passe, permettant d'accéder au port.
Quelques amis, disponibles à ce moment là, des membres de la famille filment et photographient ce passage, ce cap... la fin d'un voyage...
Le début d'un autre...
Celui de l'arrivée sur "Terre"...!! 
 
Bientôt l'écriture du bilan du voyage et du bateau.
L'aventure continue... même à terre...
Des leçons sont à retenir... 

  
















 

































 

 

Par Joêl - Publié dans : Souvenirs marquants
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mardi 3 juin 2008 2 03 /06 /2008 18:23

Le 3 juin 2008,
Position : 45.47 N ; 4.24 O ; 11 H 35 UTC

Un bon vent de Nord-Ouest, variant de 15 à 20 noeuds, pousse Blue Wave de travers.
Belle performance, le bateau bourlingue à 6,5 ; 7 noeuds.
L'étrave pique du nez dans la plume, redresse la pointe vers le ciel encombré. Culbuté, emporté, emmené par les vagues, sous un ciel frais, humide.
Une mer certes agitée, mais parfaitement maniable. Quelques dauphins rieurs pointent un oeil curieux et disparaissent soudainement, dans des reptations véloces.
A cette allure, l'arrivée au port sera plus rapide que prévu...
135 milles restent à courir avant de distinguer dans le lointain, les tours de La Rochelle...
Ce retour trés attendu, devient une nécessité... Plus de pain, les réserves d'eau fondent à vue d'oeil... La dernière portion de viande vient d'être avalée.
Les marins accusent la fatigue et fantasment à la perspective de passer une longue nuit tranquille, bercés uniquement par le souvenir de la houle.
Fierté des marins de ramener le bateau dans les meilleures conditions.
Les rêves respirent le large. Le large a recueilli les rêves...
Demain sur le ponton 29... entre 13 H et .... 


Par Joêl - Publié dans : Nouvelles du bateau
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Lundi 2 juin 2008 1 02 /06 /2008 19:07

Le 2 juin 2008, 9 H 30 UTC
Position : 45.13 N ; 7. 58 O ; Cap : 75 
Du grand large, au milieu des cargos

Au moment où le soleil bascule dans les fonds insondables d'un océan gagné par  les ombres nocturnes, nous avalons notre soupe du soir. Nécessité de se réchauffer en se réconfortant l'estomac grâce à une boisson chaude...
Et observons une veille inquiète, particulièrement attentive.
Notre environnement se charge de menaces, de présences aux allures de géant.
Des trains de cargos profilent leurs masses impressionnnantes et filent droit devant, comme aveuglément...
Pendant que les uns descendent, les autres remontent. Se croisent et s'entrecroisent dans un ballet frénétique, où nous avons du mal à trouver notre place.
Nous louvoyons entre les murs gigantesques de 11 H, hier soir, à 4 H ce matin. Une certaine angoisse, lovée au creux du ventre, à vérifier en permanence, qu'aucune étrave, toute d'acier vêtue, ne s'approche trop près de notre frêle embarcation.  
Plusieurs cargos ont modifié leur route et changé de direction pour éviter le risque d'un choc.
Le vent faible, soufflant d'Ouest-Nord-Ouest, de 8 à 10 noeuds, a nécessité de mettre le moteur à intervalles réguliers. Plusieurs manoeuvres à la voile, avant de se rendre à l'évidence et d'enclencher le moteur, de nouveau. 
Jacky, navigue derrière nous à une distance de 18 milles...
Le petit matin gris nous a trouvé, frileux, marqués par une certaine lassitude.
Jean-Marie a préparé une bonne omelette aux lardons, histoire de réchauffer les marins engourdis.
Le temps se dégrade de nouveau... Les intempéries, ponctuées de vent fort et de pluie persistante, balayent le bateau.
Une arrivée prévue le 4 juin, mercredi prochain, en fin d'après-midi...


 

Par Joêl - Publié dans : Nouvelles du bateau
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Lundi 2 juin 2008 1 02 /06 /2008 18:33

Le 1er Juin 2008,
Position : 44.51 N ; 9.46 O ; 21 H 04 UTC
Au large de La Corogne

Sous un soleil au zénith, portés par un petit vent léger d'Ouest-Nord-Ouest, 10 noeuds, nous alternons voiles et moteur.
Le cap suivi actuellement, Cap 75, nous place directement dans une trajectoire sur La Rochelle.
365 milles encore à parcourir. Malgré l'impression de se rapprocher à chaque fois, un peu plus, un long trajet reste encore à effectuer.
Vigilance, prudence, regard aux aguets, sens en alerte...
 Nous sommes sur la route des cargos... 
Le principal point noir préoccupant, nous sommes en totale rupture de stock d'eau douce, provenant des vaches à eau...
Des fuites ont été constatées quasiment depuis le départ, sans que nous trouvions comment  pallier à cette défection...
Cette situation ne laisse guère d'alternative... Arrêt immédiat des ablutions... Oh, douche tant attendue au port !!...
Caresse voluptueuse de l'eau rebondissant sur nos corps fatigués...
Il ne reste à bord que le strict minimum, en bouteilles, pour cuisiner et boire. Nous n'avons pas d'autre choix... restriction... surveillance... contrôle drastique de la consommation...
Le volume de fuel diminue aussi... Nous venons de faire le plein, à l'instant. A l'issue de cette opération de transbordement, il ne reste que 4 bidons de 2O litres. Modération... circonspection...
En principe... Nous disons bien... en principe, ces maigres quantités restantes devraient suffire, à rentrer à bon port...
A l'heure du repas, Jean-marie, cordon bleu à ses heures perdues, a concocté des entrecôtes accompagnées d'une petite sauce au poivre. A inscrire dans les annales... Souvenir délectable...
La soirée sera cinéma... avant de traverser un rail bien connu ! Celui des cargos, remontant vers la Manche... 
Passage délicat, impliquant de notre part, une veille renforcée, toute la nuit.
Jacky, sur Lady Jo. a mis son spi pour essayer de nous rejoindre. Nos contacts VHF sont réguliers et permettent d'échanger informations et anecdotes...
Lundi matin, nous serons face à Gijon...
En attendant d'atteindre cette nouvelle position, une longue période de veille s'annonce...
A pied d'oeuvre, les yeux perçants l'obscurité,  nous restons à l'affût des lumières annonçant la présence des monstres métalliques, progressant inexorablement au coeur de la nuit froide, sombre... 


 

Par Joêl - Publié dans : Nouvelles du bateau
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 1 juin 2008 7 01 /06 /2008 10:41

Le 30 Mai 2008, 17H30 UTC
Position : 43.27 N ; 15.46 O ; Cap : 70 ; Vitesse : 5 noeuds

Ah qu'il est doux de se laisser glisser dans un bon sommeil, semi réparateur !! 
Les vertus incomparables d'une sieste, sur une mer devenue clémente.
Le vent, changeant, a quitté la zone dédaigneusement. Nous laissant vidés et pantelants, à récupérer nos esprits sur le pont.
Nous poursuivons notre route au moteur, sur une mer, difficile à croire... quasiment plate...
Communication sur VHF, avec Lady Jo. Le skipper va bien, il progresse derrière nous et reprend des milles. Nous venons d'effectuer un point météo en commun. Nous devrions revenir sur La Rochelle, sans nous inquiéter outre mesure des dépressions.
Nous allons pouvoir les éviter avec facilité.
Nous marchons au près serré. Le vent, de secteur Nord, souffle tranquillement, sur une mer peu agitée.
637 milles avant d'accoster...

Le 31 Mai 2008, 14H45 UTC
Position : 44.02 N ; 13.30 O ; Cap : 72 ; Vitesse : 5.5 noeuds

La nuit vient de dérouler ses myriades de constellations.
Certes fraîche... Mais, aucune ondée perturbatrice...
Un petit vent de Nord-Nord-Ouest, 15 noeuds, pousse Blue Wave au bon plein. Le bateau gîte et avance à allure cadencée.
Dés ce matin, le soleil darde ses rayons revigorants et réchauffe avec bonheur nos corps engourdis, refroidis par la longue nuit...
Un cargo vient de croiser notre chemin. Il s'est dérouté pour passer à l'arrière.
A part, ce monstre métallique, sillonnant au large, rien à signaler. L'océan semble vidé de toute vie. Nous traversons un désert aquatique, donnant l'impression d'être seuls au monde... sensation étrange, oppressante...
Notre dernier point météo augure un reste de voyage paisible. Un vent favorable pour la suite de notre navigation, pas de dépressions menaçantes rôdant sur la zone, une longue éternité de beau temps...
Demain, dimanche, nous devrions nous positionner face à La Corogne,
vers 12 ou 13 H UTC.    

Le 31 Mai 2008, 18H13 UTC
Position : 44.12 N ; 12.48 O ; Cap : 73 ; Vent de NNO ; 13 noeuds de vent

Belle mer scintillante, miroitante des milles éclats du soleil. La navigation se poursuit au bon plein, travers. La journée, ponctuée de siestes, et de petites activités réalisées à allure modérée, permet d'envisager une nuit, presqu'en grande forme...
Nous profitons des ardeurs de l'astre solaire pour faire sécher nos nombreux effets malmenés par la pluie et copieusement arrosés par les embruns...
Avant d'affronter la nuit, promettant d'être froide... Brrr... de s'engoncer dans nos polaires, une petite soirée cinéma en perspective... depuis que la mer s'est calmée, nous devenons cinéphiles au long cours. Nous apprécions beaucoup ces parenthèses filmographiques...
Blue Wave se rapproche... toujours plus... 499 milles... encore à courir...
Demain, le vent risque de tomber, ce qui obligera à enclencher le moteur...
Au terme de ce périple océanique, une évidence s'impose. Le Gladiateur est incontestablement un excellent bateau, mais s'il fallait renouveler une expérience de navigation comme celle-ci, des modifications seraient à apporter, principalement au niveau du confort de vie... en mer...
Un des éléments indispensables à changer à l'avenir : la capote. L'actuelle n'est pas suffisante pour se protéger du froid et des intempéries, surtout la nuit...
Revenus à terre, d'autres constats seront à noter, des changements à apporter... 
Ce bateau a permis de vivre pleinement et intensément cette belle aventure, malgré quelques aléas techniques, plus ou moins incontournables en milieu marin, il s'est montré vraiment résistant... Fidèle compagnon pour assouvir cet appétit d'horizon... cette inoubliable évasion... 
 

Par Joêl - Publié dans : Nouvelles du bateau
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 30 mai 2008 5 30 /05 /2008 14:10

Les 29, 30 Mai 2008,
Position : 43.13 N ; 16.4 O ; Cap : 70

Les dépressions font partie de notre quotidien depuis le départ d'Angra do Heroismo, sur l'île de Terceira. Qand l'une d'entre elles disparaît à l'horizon, une autre la talonne, ne laissent aucun répit au navigateur fatigué...
Notre deuxième dépression conséquente a sévi le 29, tout l'après-midi, ainsi qu'une partie de la nuit. Entraînant son lot habituel et morose de froidure, de vent fort, d'humidité pénétrante...
Un changement, depuis ce matin. Le vent est tombé, ne laissant d'autre choix que celui de progresser en s'aidant du moteur...
Ce retournement de situation permet d'avancer relativement à plat. Ouf, un peu de repos en perspective... Ca ne fait jamais de mal !!...
Le cap'tain est mal en point... Malade, toute la nuit ainsi qu'hier matin.
Qu'est-ce qui a provoqué ce mal ? Une intoxication alimentaire ? Le mal de mer ? La fatigue, le manque de sommeil ?...
Jean-Marie a opéré une savante prospective dans les boîtes pharmaceutiques et... Euréka... a trouvé les médicaments qui guérissent... Ce matin, l'oeil encore un peu chaviré, le pied hésitant, le Cap'tain retrouve un semblant d'appétit... signe incontestable d'un renouveau intérieur...
Blue Wave se situait, à 9H18 UTC, à 673 milles de La Rochelle.
Le bateau poursuit sa route entre vents et marées, culbuté par les intempéries...
Bientôt le Golfe de Gascogne...

 

Par Joêl - Publié dans : Nouvelles du bateau
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /2008 21:15

Les 27, 28 Mai 2008,
Position 41.24 N ; 21.06 O
Temps maussade, grains à perte de vue

L'océan roule. L'atmosphère reste imprégnée de fraîcheur, d'humidité constante, de vent puissant.
Depuis notre départ de l'archipel des Açores, nos deux bateaux circulent en louvoyant entre les grains. Depuis trois jours, nous jouons à cache à cache avec les nombreuses dépressions, en maraude dans le secteur.
A force de les narguer, d'espérer leur échapper, elles finissent par nous rattraper !!
Cette nuit vers 1 H, en plein coeur de l'obscurité, un vent de Sud-Ouest s'est levé, soufflant à 25 noeuds, accompagné de fortes rafales, ronflant entre 30 à 35 noeuds. Nous ferraillons plein vent arrière. Emporté par les pulsations désordonnées des vagues. Elles tournoient inlassablement autour de la coque, bondissent sur le pont dans des salves d'écume et gifles retentissantes.
Cette dépression ne présente pas un visage trop sévère, ni trop inquiétant.
Nous prenons juste la queue de celle-ci. Elle continue à souffler tout le long de la journée et s'éloigne progressivement.
Elle emporte, avec elle, un immense cortège de nuées sombres au large d'un horizon indéterminé. 
La nuit dernière, la pluie, en zébrant la nuit et cinglant nos oreilles, a copieusement arrosé Blue Wave et son équipage. Les gouttes ont martelé sans fin jusqu'aux premières lueurs de l'aube, nous laissant pâles, transis. 
De nouveau, il est impossible de dormir au milieu de ce chambardement infernal...
L'humidité ambiante, le sel imprègne tout sur son passage.
Ce matin, un changement perceptible, puisque le vent s'est orienté Ouest-Nord-Ouest.
Cette nouvelle position procure un relatif confort, une plus grande stabilité du bateau.
Le soleil réapparaît par intermittences, en clignotant, dévoilé par le cortège de nuages opaques, planant dans un ciel plombé.
Le passage de ces dépressions induit de nombreuses manoeuvres puisqu'il faut sans cesse ralentir ou relancer la machine.
Réduire la toile, quand le vent forcit... La déployer dans son entier, alors que le vent faiblit de nouveau...
Gestes orchestrés mécaniquement... au milieu d'une brume de fatigue.
Retrouver le pied marin nécessite un certain entraînement. L'équipage, quelque peu nauséeux, se traîne laborieusement, évoluant comme au ralenti.
Le manque de sommeil commence à peser sur nos épaules.
La nuit à venir devrait s'avérer plus calme. Cette pause permettra de souffler et de récupérer nos esprits.
Toutefois, la nuit du 29 risque d'apporter avec elle, une nouvelle dépression, filant sur l'arrière de notre trajectoire. C'est pour échapper à cette menace qui va se précisant d'heure en heure que Lady Jo. et nous-mêmes mettons les gaz plein pot.
Hier, dans la journée, Jean-Marie a fait une tentative de pêche qui s'est malheureusement soldée par un échec.
Cette activité se présentait, pourtant, sous les meilleurs auspices puisqu'il avait réussi à ferrer un magnifique specimen... Mais , nous n'avons jamais pu vérifier de quoi il s'agissait, le bas de ligne a cassé net. La mystérieuse créature sous-marine emportant avec elle, notre précieux matériel...
Un constat optimiste, au regard des bulletins météo interrogés régulièrement, nous bénéficierons de vent jusqu'au terme de notre route.
Malgré cette allure trés inconfortable, nous progressons à une vitesse plus qu'honorable. Hier, nous avons accompli une belle performance puisque nous avons parcouru 143 milles, durant notre journée de navigation. Autant, aujourd'hui ! 
Le bateau bourlingue à 7 noeuds.
Dimanche prochain, nous pensons arriver face à La Corogne. Peut-être une escale, rien n'est moins sûr ?...
De nouveau, nous nous rendons à l'évidence, nous constatons des fuites de la vache à eau tribord. Il s'avère impossible de réparer dans cette mer chahoteuse. 
En prévision d'une récidive du problème, nous avons accumulé beaucoup d'eau en bouteilles et n'angoissons pas outre mesure sur ce poste là.
Actuellement, il reste environ 892 milles à sillonner avant de toucher terre à La Rochelle.  

 

Par Joêl - Publié dans : Nouvelles du bateau
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /2008 18:07

Les 25... 26 Mai 2008,

Dernier jour à terre. Dernières sensations açoriennes. Ambiance remplie de bonnes vibrations. Le temps reste maussade, humide...
Ce dernier matin palpite, pourtant, de nombreuses radiations solaires. Nous filons vers le Mont Brazil, découvrir le paysage.  Embrasser d'un seul regard, de ses hauteurs abruptes, accidentées, un ensemble de contours, de collines, de vallées fertiles, frémissantes de couleurs. 
Après un repas de crabes (non, ils ne valent pas ceux de l'île d'Yeu !!), nous assistons à un spectacle de tauromachie, dans un petit village à trois kilomètres d'Angra.
Dans la soirée, en rentrant au port, après ces festivités locales, nous avons la surprise de trouver à couple de notre bateau, Stelenn 2, un concurrent de la Grande Traversée La Rochelle-Québec, en transit, pour une escale technique.
Evocation des traversées remplies de rebondissements de chacun des équipages réunis. Dans la soirée, briefing météo avec Lady Jo.
Demain, nous larguons les amarres, entamons l'ultime partie de ce parcours  ... au long cours.... que nous espérons plus calme, plus serein... que le précédent. 

Le 26 Mai, de l'océan
Position : 39.02 N ; 26.19 O

Soleil frais, mer crêtée de légers friselis d'un bleu intense foudroyant la rétine et donnant une furieuse envie d'aller de l'avant... Seuls au milieu de l'infini...
Une distance d'environ 1200 milles à courir devant l'étrave. Impatience de Blue Wave de s'affronter dans cette dernière partie de la route puis de rentrer pour se couler à sa place, dans le port, là-bas, à La Rochelle...
Un vent guilleret souffle de Nord-Ouest, discret, aux allures efficaces... 15 noeuds dans les voiles. Notre fringant voilier avance à 6 noeuds de moyenne.
Jacky, de nouveau, seul à bord, décide de ne pas se laisser distancer. Il cravache sa monture. Talonne la poupe de notre bateau. Nous communiquons via la VHF. 
Notre escale açorienne, d'une petite dizaine de jours, a permis de récupérer de bonnes plages de repos et de sommeil, de se sentir alertes pour entamer la suite de ce voyage.
Toutefois, ces étapes, au calme, dans les ports, étaient avant tout terriennes. Nous devons, de nouveau, s'accoutumer au roulis, mouvements permanents, tangage, danse lancinante du bateau sur les flots tumultueux... 

 

Par Joêl - Publié dans : Nouvelles du bateau
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Présentation du blog

Voyage

évènementiel

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus